Samedi 23 novembre, en mémoire de Rita Barbera
Ce samedi 23 novembre, nous pleurons Rita Barbera, tragiquement disparue il y a huit ans dans un hôtel madrilène. Les salisseurs de mémoire ont alors honteusement évoqué une "défaillance multiviscérale, résultat d'une cirrhose".
L'édile valencien a plutôt été victime de la traque d'une gendarmesque inquisitoriale, d'un ordre moral torquemadesque. Rita Barbera a certes eu une fâcheuse tendance à prendre quelques libertés avec les règles communément admises de comptabilité publique. Mais c'est le lot des plus grands esprits libres et aventureux, que ce genre de contingences bassement terre à terre laissent de marbre.
La maire de Valence était une visionnaire, à tel point qu'elle voyait assez souvent double à la sortie des bars de nuit de la cité orange. Ce fut une des plus grandes nyctalopes ! Mais restons polis... Elle a rêvé puis construit la Valence moderne, conquérante et séduisante, attirant les formules 1 en pleine ville et les bateaux de la copa america dans l'écrin du nouveau port. Des esprits chagrins ont critiqué le coût de ces réalisations, pour une seule édition à chaque fois. Et alors ? Le prix du béton s'oublie mais la qualité de la renommée de Valencia reste !
Enfin, Rita Barbera était une philologue méconnue et pourtant avertie. En ouverture des fallas, elle avait ainsi astucieusement mêlé valencien et castillan pour inventer la désormais célèbre "caloret". Si elle avait connu la Dana, elle aurait certainement inventé la "plujaret".
Nous gardons le souvenir d'une femme pétulante et sémillante. Elle a quitté notre vallée de larmes pour, soyons en sûrs, un paradis bien mérité.

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